34 Études dans le genre fugué op. 97

Cahier 1 : Livre 1 – Études 1 à 9


(édition scientifique)

(couverture de 34 Études dans le genre fugué op. 97)
  • partition pour piano
  • ISMN 979-0-2318-0838-4
  • 21 x 29,7 cm (ép. 6 mm)
  • cahier agrafé
  • 70 pages
  • 190 g
  • à paraître
  • éditeur : Symétrie

Cette édition de l’œuvre intitulée 34 Études dans le genre fugué, que nous publions en quatre cahiers, se fonde sur celle publiée en deux volumes de 17 études en 1820 par Érard à Paris. Celle-ci commence par une préface du compositeur suivie de 16 remarques portant sur certaines des études. Nous reproduisons dans la présente édition cette préface et ces remarques. L’œuvre fut rééditée en 1840 par Schonenberger sous le titre La fugue et le contrepoint mis en pratique et appliqués au clavier du piano. À part une erreur d’armure, la notation est identique à celle de l’édition de 1820, la seule différence importante étant que les remarques sont placées à côté des études auxquelles elles renvoient.

À l’image des préludes et fugues du Clavier bien ­tempéré de Johann Sebastian Bach, chaque étude consiste en deux morceaux dont le second est, dans la plupart des cas, une fugue ou, en tout cas, présente un caractère fugué. Les deux morceaux partagent la même tonalité dans 24 de ces études et ont des tonalités homonymes (majeur-mineur) dans les autres. Contrairement à l’ouvrage de Bach, le parcours de tonalités ne semble pas avoir ici de structure particulière.

Le titre de ce recueil a quelque chose de quelque peu mystérieux. Chacune de ces 34  Études est, à première vue, composée d’une étude qui n’est pas fuguée et d’un morceau fugué qui n’est pas une étude. Cependant, dans sa préface, Reicha désigne toutes les pièces de l’œuvre comme étant du genre fugué et ses remarques préliminaires indiquent aussi que les premiers morceaux de chaque paire ont des traits qui, pour lui, s’intègrent à ce concept. Dans ses remarques, Reicha décrit douze des morceaux comme « fugue » et donne des conseils pour composer avec cette forme. Cependant, dans la préface, il emploie systématiquement l’expression « le genre fugué » plutôt que le mot « fugue », bien que ses remarques fassent clairement référence aux fugues. L’un des sous-titres de l’édition originale est « pour l’usage des jeunes compositeurs ». Reicha entendait-il par là que ces fugues ne servaient pas pour apprendre les règles de la forme, mais pour donner à ces « jeunes compositeurs » des idées pour la composition d’une fugue que, pour éviter les reproches éventuels de leurs professeurs, ils appelleraient « pièce dans le genre fugué » plutôt que « fugue » ? Le terme « étude » s’applique en général à un morceau qui démontre un aspect particulier de composition ou de technique. Cependant, en tenant compte des idées que Reicha exprime dans ses divers traités, peut-être ne faut-il pas considérer cette œuvre comme une collection de 34 études individuelles, mais comme une étude générale sur l’écriture dans le genre fugué.

Quelle que soit la raison qui poussa Reicha à donner à son œuvre ce titre un peu trompeur, on est loin ici de l’idée d’une étude comme exercice technique. Ce recueil est plein de surprises, incluant des airs simples, des canons, des variations, des séquences harmoniques qui semblent évoquer un esprit romantique du xxe siècle plutôt que du xixe siècle, même des cloches d’église et, bien sûr, une grande variété de fugues.

Les remarques qui précèdent les études ne nous semblent pas avoir l’engagement que l’on trouve habituellement dans les écrits de Reicha, tels que les commentaires qui préfacent le recueil de morceaux pour piano intitulé Practische Beispiele. Cette œuvre étant présentée en tant qu’études, Reicha se sentit peut-être obligé de la commenter de façon pédagogique. Bien qu’elles présentent un certain intérêt historique, ces remarques du compositeur ne donnent pas une idée réelle de la fraîcheur et de l’inventivité que l’on trouve dans la musique.

Trois collections de fugues pour piano de Reicha existent : les 36 Fugues de 1803, que Beethoven critiqua sévèrement (« La fugue n’est plus la fugue »), les 6 Fugues de 1810, et celles de ces 34  Études op. 97. Nous ne connaissons qu’une seule fugue pour piano qui aurait été composée par Reicha postérieurement à celles de ce recueil. Elle se trouve dans son Traité de haute composition musicale, publié en 1824. C’est une fugue annotée, ayant comme titre Fugue instrumentale à 3, dans le style moderne. Nous suggérons donc – sans réelle certitude cependant – que le dernier morceau des 34 Études op. 97 est la dernière fugue pour piano qu’écrivit Reicha sans visée pédagogique. Son thème est large et noble et on trouve dans les mesures qui mènent vers la fin tout un échantillon de techniques typiques de la fugue – stretto, augmentation, diminution. Pourtant il n’y a rien de cette complexité à la fin de la fugue, qui se termine de manière très simple avec un accord de septième de dominante résolue à la tonique, comme si, avec cet adieu à la fugue pour piano, Reicha disait « Voilà ! C’est tout ! C’est la musique. »

Michael Bulley

Nomenclature

piano

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