Enfance

deux mélodies sur des poèmes de Rimbaud

(couverture de Enfance)
  • extraits .pdf (170 ko)
  • partition pour baryton et piano
  • 7 min
  • ISMN 979-0-2318-0878-0
  • 21 x 29,7 cm (ép. 3 mm)
  • cahier agrafé
  • 12 pages
  • 70 g
  • éditeur : Symétrie
  • prix public TTC : 10,00 €

On l’a affublé de tant de masques contradictoires : le mystique et le révolté, le sauvage et le savant… Persistons, nous autres, à ne voir à Rimbaud, au poète Rimbaud, que le visage d’un enfant. Et plutôt que de l’entraîner – de le noyer – dans les marécages du cerveau, laissons-lui l’humble flache du cœur, celle où :

« Un enfant accroupi plein de tristesses lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.   »

L’enfant certes de Ma bohème, et de Larme, et de Honte, l’enfant en deuil qui regarde «  les merveilleuses images  », l’enfant «  compris des coqs de clochers de partout  ». S’il existe une clé à l’énigme d’être au monde, lui seul la détient, et lui seul en a l’usage, à condition de s’en tenir à cet âge sans avenir, à son innombrable mesure. Pourquoi parler, avec Claudel, d’un «  enfant trop grand  » et «  mal décidé à l’homme  » ? Au moment du terrible «  départ  » qu’annoncent les Illuminations, on voit deux êtres essentiellement différents se séparer : celui qui part a les yeux secs et tranche dans le vif ; celui qui reste aura l’éternité des larmes, – entendez : de leur bonheur.

Mettre des notes sur du Rimbaud ? Je ne l’ai pas fait sans scrupules. Les mots de Rimbaud supportent mal tout ce qui les enveloppe et les développe ; preuve en sont les errements de ses musiciens, qu’ils utilisent la chansonnette ou l’arcane sériel. Et j’ai dû, dans le polyptyque d’Enfance, me résoudre à ne retenir que deux panneaux sur cinq ; les autres résistent au chant, – et peut-être même à la récitation.

Voilà un enfant de plus dans ma musique, avec Poil de carotte, avec celui des Poésies de Schehadé, tapi «  derrière les roses  », avec celui de Mauvais Cœur, à jamais douloureux d’un souvenir d’enfance, et tant d’autres. Qu’ai-je à faire avec eux ? Je redis que j’ai eu une enfance heureuse. Mais quoi, elle est à des années-lumière ; et comme écrit le poète, «  ce ne peut être que la fin du monde, en avançant  ».

Guy Sacre

Sommaire

  • 1. Au bois
  • 2. Je suis le saint

Nomenclature

baryton et piano

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