La Chercheuse d’esprit


(édition scientifique)

(couverture de La Chercheuse d’esprit)
  • extraits .pdf (93 ko)
  • partition pour piano
  • 10 min
  • ISMN 979-0-2318-0813-1
  • 21 x 29,7 cm (ép. 5 mm)
  • cahier agrafé
  • 19 pages
  • 80 g
  • éditeur : Symétrie
  • prix public TTC : 9,00 €

Cette édition de La Chercheuse d’esprit se fonde sur la seule source existante, à savoir le manuscrit Ms 12066 de la Bibliothèque nationale de France. L’œuvre est sous-titrée xiii Ariettes françoises du Seizième Siècle arrangées pour le Piano et Accompagnées d’un [sic] Harmonie moderne. Le manuscrit n’est pas daté, mais la page de titre porte la mention « À Mr Lachnith », ce qui laisse à penser que cette œuvre est contemporaine de la Fantaisie sur un thème de Frescobaldi et des Études ou Exercices op. 30, seules autres œuvres du compositeur faisant référence à Ludwig Wenzel Lachnith et qui parurent à l’occasion du premier séjour de Reicha à Paris (1800-1801). Le titre de l’œuvre n’est pas sans rappeler l’opéra-comique éponyme de Charles-Simon Favart, dont l’intrigue se fonde sur le conte Comment l’esprit vient aux filles de Jean de La Fontaine ; un opéra particulièrement célèbre à l’époque dans la capitale française où il était régulièrement représenté depuis sa création au théâtre de la Foire Saint-Germain, le 20 février 1741.

La correspondance entre les ariettes de Reicha et l’opéra de Favart va bien au-delà du titre. Bien que Reicha ne précise la source d’aucune de ses pièces, il apparaît que sept d’entre elles (les nos  2, 3, 5, 7, 9, 10 et 12) présentent une analogie mélodique évidente avec des airs de l’opéra. Elles apparaissent d’ailleurs dans le même ordre que dans l’œuvre de Favart. Pour certaines, la correspondance est quasi exacte, Reicha se contentant d’ajouter un accompagnement harmonique. Pour d’autres, l’ariette comporte un développement mélodique en rapport avec l’air, mais conserve une structure ne laissant pas de doute sur son origine.

Dans les opéras-comiques de l’époque, il était d’usage d’emprunter des mélodies déjà existantes pour les airs plutôt que d’en composer de nouvelles. On trouve donc fréquemment des éditions dans lesquelles le titre de la mélodie à utiliser est indiqué pour chaque air, sans qu’aucune note de musique soit écrite. Pour l’opéra de Favart, nous avons trouvé plusieurs livrets de ce type, ainsi que deux manuscrits qui contiennent la musique des airs sans indication du titre original des mélodies. Nous avons ainsi pu identifier les mélodies originales des sept ariettes nos  2, 3, 5, 7, 9, 10 et 12 (nos remerciements vont à David Charlton pour son aide concernant cette identification). Il ne nous a en revanche pas été possible d’identifier les mélodies utilisées pour les pièces nos  1, 4, 6, 8, 11 et 13, qui ne figurent pas dans l’œuvre de Favart. L’origine de ces ariettes ainsi que la motivation de Reicha pour composer à partir de telles mélodies restent donc à ce jour un mystère.

Le niveau technique requis par l’œuvre de Reicha la rend accessible à des pianistes de tous horizons. Les 13 ariettes qui la composent ne sont pas structurées sous la forme d’une suite ordonnée et laissent donc à l’interprète le choix de celles qu’il souhaite exécuter. L’indication con sordini, utilisée habituellement pour annuler senza sordini et donc autoriser l’emploi de la pédale à la discrétion de l’instrumentiste, doit être comprise dans les nos  9 et 11 comme une volonté du compositeur que les étouffoirs restent constamment actifs ; il convient donc de ne pas utiliser du tout la pédale dans ces deux pièces.

La Chercheuse d’esprit offre une grande variété de caractères, allant de la solennité de l’ariette no  3 à l’énergie de la no  10 en do mineur, en passant par le charme simple et spontané de la no  7 laissant planer la douceur enivrante et aérienne d’une comptine pour enfants.

Michael Bulley

© SYMÉTRIE 1999-2016. Reproduction interdite sans accord écrit. Page mise à jour le 4 novembre 2016

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