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Symphonie en ut mineur

opus 6 n°3

(couverture de Symphonie en ut mineur)
  • extraits .pdf (140 ko)
  • partition pour orchestre
  • conducteur et matériel
  • 15 min
  • ISMN 979-0-2318-0331-0
  • 21 x 29,7 cm
  • cahier à spirales
  • 28 pages
  • location
  • éditeur : Symétrie
  • collection et série : série Centre de musique romantique française

Composées en 1762, les six symphonies de l’opus 6 datent d’une époque où Gossec, suite à la disgrâce puis au décès de son protecteur Le Riche de La Pouplinière, évolue dans de nouveaux cercles parisiens, dont ceux du prince de Conti et du baron de Bagge, l’un des grands mélomanes et mécènes français de la fin du xviiie siècle, à qui elles sont dédiées. Ces symphonies comptent parmi les premières œuvres magistrales du compositeur en ce domaine : elles seront suivies de deux corpus particulièrement intéressants, les Trois Symphonies op. 8 et les Six Symphonies op. 12, qui recèlent des trouvailles de tout premier plan dont l’opus 6 présente déjà les germes. Seule l’orchestration reste encore sommaire : 2 hautbois obligés, 2 cors ad libitum et les cordes pour les trois premières symphonies ; les cordes seules – « en quatuor » – pour les trois dernières. Mais, comme le rappelle la page de titre de l’édition gravée, l’effectif réduit et l’utilisation d’instruments à vent optionnels s’expliquent par le souci d’écrire « pour la commodité des grands et petits concerts ».
La Symphonie op. 6 n° 3 est incontestablement la plus saillante du groupe. Elle adopte pourtant un plan sans surprise en trois mouvements, la coupe la plus couramment utilisée en France à cette période (le quatrième mouvement – qui différenciera la symphonie du concerto– ne se systématisera qu’au début du siècle suivant, notamment dans trois des quatre symphonies de Méhul). Gossec opte toutefois pour deux curiosités : il supprime le traditionnel mouvement lent en y substituant un Minuetto grazioso, et remplace le final (souvent un menuet ou un presto) par un Fugato dont l’austérité presque scolastique n’est pas sans rappeler l’école germanique des fils Bach ou de Richter.
Cette symphonie frappe immédiatement par son sérieux et l’emphase de son discours. Entre les deux mouvements extrêmes en ut mineur, le menuet central ne propose que quelques périodes dans le ton d’ut majeur : le traditionnel trio est ici remplacé par un Minore pour corde seules, dans le ton relatif de la mineur. L’ensemble est coloré de chromatismes mélodiques et d’accords diminués qui assombrissent l’apparente simplicité du thème initial.
Quoique chargée d’un pathos déjà préromantique, cette symphonie résume à elle seule les différents courants musicaux pratiqués dans l’Europe « classique » des années 1760-1770 : le Sturm und Drang agité (dans lequel Carl Philip Emanuel Bach, Haydn et Mozart s’illustrèrent abondamment) ; le style galant aux mélodies simples et agréables (comme les Stamitz ou Jean-Chrétien Bach les cultivèrent avec succès) ; le style sévère contrapuntique enfin, fortement en vigueur dans la musique d’église, que toute la génération menant de Gossec à Cherubini, pratiquait encore couramment.
Benoît Dratwicki

Nomenclature

2 hautbois, 2 cors, cordes

© SYMÉTRIE 1999-2016. Reproduction interdite sans accord écrit. Page mise à jour le 12 septembre 2011

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