Contre-courant

François Vallet-Tessier

Contre-Courant est une pièce que j’ai écrite pour mon collègue et ami Corentin Aubry, à la suite de réflexions communes au Conservatoire sur de premières esquisses que j’avais faites.
Aller à contre-courant… C’est sans aucun doute la volonté que j’ai eue en écrivant cette pièce qui présente deux caractères bien distincts représentés par deux types d’écritures différentes : modale et atonale. N’ayant jamais vu cette association d’écriture dans le répertoire contemporain que je pratiquais jusqu’alors, il me semblait intéressant d’exploiter cela dans cette composition.
Mais c’est avant tout une image : celle de l’inébranlable épuisement qui survient lorsque l’on est à contre-courant, le sentiment de solitude qui peut alors être ressenti, nous poussant dans nos retranchements. Ce « courant » pourrait être un déferlement de vagues, une foule en délire, ou bien encore de menaçantes rafales de vent ; quoi qu’il en soit, il nous met en état d’instabilité et de panique. Une parenthèse au milieu de la pièce vient calmer cette aliénation… Un souvenir nostalgique qui passe et qui tente de s’installer… mais en vain ! Le désordre revient pour mettre un terme à cette lutte, laissant alors un dernier soupir s’échapper.

François Vallet-Tessier