Elfique

pour violon solo

Si l’homme ne pouvait chanter il n’aurait pas construit et inventé un outil tel le violon.
Cordes vocales aux ouïes du violon reconnaissantes.
Souffle de l’air inspiré affleurant alors la gorge vibrante, ici le chant, et, là, crin de l’archet sifflant sur la corde, alors envoutant toute la fibre du bois. Rayonnant dans l’espace.
Violon, vocal : mêmes racines, pour moi.
Pourtant du vocal au violon, selon moi nul mimétisme qui pourrait réduire à soumission l’une ou l’autre de ces deux entités‑musique : du vocal aux prodiges de l’intelligence digitale.
La main de Jascha Heifetz ou de Nathan Milstein chante. Littéralement.
Avec Elfique simplement faire sonner, au juste chant, ce chant précis de la pensée toute musicale qui migre du larynx aux phalanges,
du souffle vital à la danse digitale, et qui, à l’inverse, enchante les mains lorsque les voix intérieures s’expriment.
Harmonie bien plus que rupture. Le moderne.
Iventer et dévoiler des lois de continuités : composer.
J’aime les elfes, ces génies de l’air dans la mythologie scandinave.
J’aime les fées, j’aime tout ce monde des esprits, ce monde des périls, ce monde du pur mouvement d’air et de feu, de souffle et de lignes, traçant les perspectives infinies de l’écoute, telle celle, prodigieuse de finesse et de sauvagerie intelligente de la violoniste prodigieuse qu’est Hae‑Sun Kang, à qui Elfique est dédiée.

Philippe Schoeller

Nomenclature

pour violon solo