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Sciures d’Azur

(couverture de Sciures d’Azur)
  • partition pour alto
  • 10 min
  • ISMN 979-0-56025-078-6
  • 21 x 29,7 cm (ép. 3 mm)
  • cahier agrafé
  • 12 pages
  • 72 g
  • éditeur : Artchipel
  • prix public TTC : 10,70 €

J’étais enfant. Je me rappelle. J’étais seul. J’ai gravé sur l’établi de mon grand-père mon nom dans la sciure. Je voulais déjà exister au-delà des travers des hommes. J’ai entendu une musique qui ne m’a plus quitté depuis. J’en suis heureux.
L’alto est dépositaire d’un langage venu d’outre-temps. Telle est l’impression des couleurs que j’entends quand vibre l’instrument. Ligeti parle d’odeur de terre pour la quatrième corde ; personnellement, elle me parle d’abîme et de fonds abyssaux. L’extrême beauté de son jeu tout en velours ne cesse de me séduire. Pour cette raison, et après mon concerto ainsi que mes pièces avec alto, je récidive dans ma tentative d’écoute intérieure où j’essaie de l’entrainer très loin, très loin, dans un monde perdu de silence.

Note à l’intention de l’interprète :

I. Comme une litanie est un continuum balayant tout le spectre sonore de l’instrument où le jeu irrégulier des doubles-croches ainsi que les glissandi sporadiques du départ sont autant d’aspérités dans un discours fluide et informe, répétitif et plaintif.

II. Solennel : il s’agit de sept couleurs harmoniques qui reviennent par rémanence liées entre elles par un phénomène de « tropes » en excroissance. Conçu sous forme de choral, il doit être interprété avec gravité et émotion.

III. La Tirade qui fait le pendant de Litanie est ce flot irrégulier d’un discours abrupt et tellurique – la sourdine donne cette couleur opaque –, cette surabondance de mots, d’images informelles sous forme de poème qu’exprime l’alto par le caractère rauque et rougeoyant qui lui est propre. À déclamer sans faille.

IV. Antienne, fondée sur quatre notes, m’atteint au plus profond de moi… l’enfance… ces mots ressassés et repris en chœur… une église… j’ai toujours gardé cette sensibilité judéo-chrétienne issue de ma famille.

Inexorablement, les quarts de ton sonnent comme ces réminiscences de voix non abouties que l’on entend parfois dans un choral, autant d’oraisons qui semblent provenir d’outre-temps, une sorte de flétrissure.
Par son caractère incantatoire, donner toute sa dimension.

Christian Dachez

© SYMÉTRIE 1999-2018. Reproduction interdite sans accord écrit. Page mise à jour le 6 février 2018

SYMÉTRIE édition de livres et de partitions de musique

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