Trio Miroirs

Polyphonie. Les voix ensemble : ici le mot, là le sonore.
Ici : le sens des mots du poème. Une ligne d’images visibles, ouverte par le langage.
Là : la signification des sons du piano et du violon. Une image invisible offerte à l’oreille, diffractant ces mots-images. Image libre, à loisir de l’écoute de
chacun et chacune. Le son sans le mot.
Et, au centre, telle une reflexion d’images : la voix humaine.
Naissance du miroir.
La voix chantée énonçant la langue française guidée par l’échelle et l’harmonie sous-jacente des sonorités, rythmes et couleurs phonétiques propres à cette
langue. La voix toujours ouvre des voies sitôt chantantes.
Un miroir est toujours pluriel, parfois dans une diffraction à l’infini.
Multiples miroirs car l’image polyphonique fait arborescence, dispersion, cheminement des lignes de la source au fleuve.
Pour moi, en musique, écouter et générer une image sont toujours deux processus simultanés. L’écoute fait miroir.
Telle une écoute se mirant dans l’image d’elle-même.
Dès lors, l’image sonore, passée au filtre acoustique du vocal à l’instrumental, de l’intelligence de la voix à l’intelligence de la main, l’image fait prisme, diffraction,
reflet. Le miroir génère un peuple. L’image trouble son reflet comme le miroir ouvre l’invisible de sa substance.
La réalité vocale-instrumentale toujours fait calice d’une éclosion de miroirs.
Voix et instrument : une myriade de lumières acoustiques toujours ritualise la naissance du mot au son comme, en miroirs, des sons aux mots.
Ivresse de la multitude.
Écoute égal miroirs.

Nomenclature

soprano, violon & piano